Choisir des Boules

Comment choisir des boules de pétanque ?

Dans une boule qui roule, il y a tout le bonheur du monde ou tout le malheur du monde.
Charlot Oderra

Conseil primordial pour une pratique de la pétanque un minimum sérieuse, opter pour des boules dites de compétition, c’est à dire homologuées par la FIPJP, comme celles présentées sur Boulipédia.

Un poste, une boule…

Le pointeur jouera généralement avec des boules de petit diamètre (71 à 74 mm) pour offrir moins de surface au tireur, assez lourdes pour un meilleur contrôle (710 à 740 g), dures pour une meilleure longévité et striées pour faciliter son arrêt sur terrain difficile ou trop lisse.

Le milieu joue plutôt avec des boules polyvalentes d’un diamètre moyen (72 à 76 mm) et d’un poids également moyen (680 à 720 g), mi-tendres et peu striées. C’est le meilleur choix aussi lorsque l’on joue souvent en tête-à-tête et que l’on occupe donc seul les postes de pointeur et de tireur au cours d’une même partie.

Le tireur joue plutôt avec des boules de gros diamètre (74 à 78 mm), légères afin de limiter la fatigue (670 à 700 g), tendres pour limiter le rebond (recul) et favoriser les carreaux… et lisses pour éviter « d’accrocher la boule » dans la main au moment du tir.

 

Note : Ces conseils sont donnés à titre indicatif et ne peuvent en aucun cas remplacer vos propres impressions suite à différentes prises en mains et essais vivement recommandés…

Le coût

Le prix d’une triplette de boules de pétanque varie suivant la marque et les caractéristiques propres à chaque modèle. En entrée de gamme, il faut compter environ 60 €. Dans le haut de gamme et le sur-mesure, le prix monte facilement jusqu’à 300 € voir plus pour certaines séries limitées et fabrications artisanales à l’unité.

Des boules de compétition

La pétanque se joue avec des boules agréées par la FIPJP et répondant à des caractéristiques précises… appelées dans le commerce des boules de pétanque de compétition par opposition aux boules de pétanque de loisir.

Logo FIPJP

Logo de la Fédération Internationale de Pétanque et Jeu Provençal (FIPJP), chargée de l’homologation des boules de compétition.

Caractéristiques des boules agréées

Afin d’être homologuées, les boules doivent répondre à un cahier des charges (.PDF) précis (adopté par le Comité Exécutif en mars 2013) qui comprend notamment les points suivants :

  • Être en métal
  • Avoir un diamètre compris entre 7,05 cm (minimum) et 8 cm (maximum)
  • Avoir un poids compris entre 650 grammes (minimum) et 800 grammes (maximum)
  • Doivent être gravés : la marque du fabriquant, le label d’homologation en compétition, le poids et le numéro de série
  • Avoir un balourd < 1,3% du poids de la boule
  • Avoir une dureté minimale de 35 HRC (110 kg/mm²)
  • N’être ni plombées, ni sablées. De façon générale, elles ne doivent ni avoir été truquées ni avoir subi de transformation ou modification après usinage par les fabricants agréés. Il est notamment interdit de les recuire pour modifier la dureté donnée par le fabricant.

Toutefois les nom et prénom du joueur (ou les initiales) peuvent y être gravés ainsi que divers logos et sigles, conformément au cahier des charges relatif à la fabrication des boules.

Voir ici les différentes boules agréées et les labels d’homologation (.PDF) actuels (dernière mise à jour le 29 octobre 2018).

Rappel : sanctions pour boules non-conformes

Voir Article 2bis du règlement officiel de la pétanque (.PDF) (adopté par le Comité Exécutif le 04 décembre 2016) :

Tout joueur coupable d’une infraction aux dispositions de l’alinéa 4) de l’article précédent est immédiatement exclu de la compétition, ainsi que son ou ses partenaires.

Si une boule non truquée, mais usagée ou de fabrication défectueuse, ne subit pas avec succès les examens de contrôle ou ne répond pas aux normes figurant dans les alinéas 1), 2) et 3) de l’article précédent, le joueur doit la changer. Il peut aussi changer de jeu.

Les réclamations portant sur ces trois alinéas et formulées par des joueurs, ne sont recevables qu’avant le début de la partie. Ces derniers ont donc intérêt à s’assurer que leurs boules et celles de leurs adversaires répondent bien aux normes édictées.

Les réclamations fondées sur l’alinéa 4) sont recevables toute la partie, mais elles ne peuvent être formulées qu’entre deux mènes. Néanmoins à compter de la troisième mène, s’il s’avère qu’une réclamation à l’encontre des boules de l’adversaire est sans fondement, trois points seront ajoutés au score de ce dernier.

L’arbitre ou le jury peuvent, à tout moment, procéder au contrôle des boules d’un ou plusieurs joueurs.

Quels poids et diamètre choisir ?

Poids d'une boule

Poids gravé : 690 g

L’embarras du choix

Les boules de pétanque sont généralement proposées dans toute une gamme de poids et diamètres différents offrant alors un choix important. Plus d’une centaine de possibilités (poids / diamètre) sont envisageables afin de s’adapter à toutes les morphologies de main des joueurs…

Mais alors quel poids et quel diamètre choisir pour ses boules de pétanque ? Voici quelques pistes pour vous aiguiller au mieux.

Le poids

Le cahier des charges, déterminé par la FIPJP pour des boules de compétition homologuées, impose un poids de boule compris entre 650 g et 800 g.

En règle générale, les fabricants proposent des poids de boules de 10 en 10 g. Certains modèles peuvent toutefois bénéficier d’une échelle spéciale de 5 en 5 g.

Un poids léger est principalement conseillé pour les tireurs, plus enclin à la fatigue… Cependant, il ne faut viser trop bas car un poids trop léger peut aussi impliquer un manque de précision. La grande majorité des joueurs ne descends pas en dessous de 680 g.

Un poids lourd permettra au pointeur de mieux maîtriser sa boule en particulier sur terrains roulants mais attention également à la fatigue en cas de portées répétées par exemple… La grande majorité des joueurs ne monte pas au dessus de 730 g.

Le poids pourra aussi influencer la réaction de la boule sur le terrain : rebonds, réponses aux effets, réactions aux chocs face aux autres boules, etc.

Le diamètre

Ici, le cahier des charges, pour qu’une boule soit toujours homologuée, exige un diamètre de boule compris entre 70,5 mm et 80 mm.

En règle générale, les fabricants proposent des diamètres de boules de 1 en 1 mm. Là aussi, certains modèles peuvent toutefois bénéficier d’une échelle spéciale de 0.5 en 0.5 mm.

Le pointeur joue plutôt avec des boules de petit diamètre (71 à 74 mm) pour offrir moins de surface au tireur. A l’inverse, ce dernier joue généralement avec des boules de gros diamètre (74 à 78 mm).

Encore une fois, le diamètre pourra également influencer la réaction de la boule sur le terrain. Exemple : une boule plus grosse roulera plus facilement et mieux (trajectoire rectiligne) qu’une plus petite. Par contre, un diamètre plus petit permettra de mieux serrer la boule pour lui donner différents effets.

Pour vous aider à faire votre choix, vous pouvez mesurer la distance entre les extrémités de votre pouce et de votre majeur la main complètement ouverte. Reportez-vous ensuite à la liste ci-dessous pour avoir une idée de la taille des boules les mieux adaptées à votre morphologie :

  • 16 cm : 71
  • 17 cm : 72
  • 18 cm : 73
  • 19 cm : 74
  • 20 cm : 75
  • 21 cm : 76
  • 22 cm : 77
  • 23 cm : 78
  • 24 cm : 79
  • 25 cm : 80

Conclusion

Tout ceci reste de la théorie, rien ne remplace la pratique. C’est ensuite une question de sensations personnelles, à chaque individu ses préférences. Il suffit de penser au champion belge William Van der Biest et ses 80 mm de 800 g qui ne l’empêchent pas de jouer et tirer à haut niveau.

Ces conseils sont donc donnés à titre indicatif et ne peuvent en aucun cas remplacer vos propres impressions suite à différentes prises en mains et essais vivement recommandés.

Quel type d’acier ? Inox ou Carbone ?

Lopin d'acier pour boule

Introduction

L’acier est un alliage constitué d’au moins deux éléments :

  • Le fer
  • Le carbone dans des proportions comprises entre 0,008% et 2,11% en masse

C’est essentiellement la teneur en carbone qui confère à l’alliage les propriétés du métal. La teneur en carbone a une influence considérable (et assez complexe) sur les propriétés de l’acier.

Une vingtaine d’aciers distincts sont utilisés par les différents fabricants de boules de pétanque. Néanmoins, nous pouvons dégager 2 grandes classes. Voyons quel type d’acier choisir pour ses propres boules.

Acier dit inox

Pour être classé dans la catégorie inoxydable, un acier doit contenir au moins 11% de chrome. C’est un acier allié au nickel et au chrome.

L’acier inoxydable donne un aspect généralement satiné et lisse facilitant le lâcher de la boule. Il offre une nette résistance à la corrosion ainsi qu’une durée de vie moyenne plus longue. Les boules en acier inox ne nécessitent aucun entretien particulier. Un simple nettoyage au savon suffit à retrouver une boule brillante.

A noter qu’un modèle de boules inox sera plus cher que sa copie version carbone.

Acier dit au carbone

Il impose en fin de fabrication un revêtement anti-corrosion. Cette protection diminue au fur et à mesure que le revêtement électrolytique s’use en frottant sur le sol. Les boules en acier carbone nécessitent un entretien régulier à l’huile.

L’acier au carbone donne un aspect généralement mat à l’usage. Il procure aussi une excellente tenue en main et une meilleure accroche au sol. Le désavantage étant que la boule est particulièrement sensible à la rouille. Pour éviter le désagrément des points de rouille, il est recommandé de la nettoyer après usage et de la conserver dans un chiffon très légèrement huilé en cas d’inutilisation prolongée.

Propriétés des aciers

Outre la dureté obtenue (cf. chapitre suivant) par les différents traitements thermiques (procédés de trempe et de revenu), chaque acier a ses propres propriétés qui influent dans le comportement de la boule et son usure : résistance à la corrosion, résistance aux efforts (module d’élasticité, limite élastique, résistance mécanique), dureté, résistance aux chocs (résilience).

Déjà dans la métallurgie, on parle d’aciers doux, mi-doux, mi-durs, durs ou extra-durs (classification traditionnelle)… Dans le domaine de la pétanque, il existe donc aussi plusieurs duretés de boules n’en déplaise aux allergiques des caractéristiques propres à chaque référence ! Mais alors quelle dureté choisir pour ses boules de pétanque ?

Afin de répondre favorablement au cahier des charges déterminé par la FIPJP et obtenir un label d’homologation de boules de compétition, la dureté minimale d’une boule doit être au minimum de 35 HRC (110 kg/mm²). Toutes les boules sont impérativement durcies par trempe (consiste à plonger la boule encore chaude dans un fluide plus froid afin de la doter de propriétés nouvelles).

Une boule tendre ou dure ?

HRC et la dureté Rockwell

Un essai de dureté Rockwell est une méthode permettant de déterminer la dureté d’un matériau. Dureté, dans le sens, résistance à la pénétration. Le test consiste donc à faire pression sur un pénétrateur placé sur la surface du métal avec un poids spécifique. Il suffit ensuite de mesurer la distance parcouru par le pénétrateur dans le métal. Les indices Rockwell peuvent se lire directement sur un cadran gradué.

Dureté Rockwell

HRC est le symbole normalisé pour la dureté Rockwell avec un pénétrateur en cône de diamant de 120° et d’extrémité sphérique (Ø 0,2 mm).

L’essai consiste à appliquer une précharge de 100 N sur le pénétrateur qui s’enfonce d’une profondeur e0. On applique une force supplémentaire F, pendant 3 à 8 s, le cône s’enfonce d’une profondeur e1. On supprime la force F, le cône reste enfoncé d’une profondeur e2. La profondeur rémanente (e2 – e0) permet le calcul de la dureté selon la formule : HRC = 500(100-(e2-e0)).

La résistance à la rupture en kg/mm²

La résistance à la rupture est une manière de définir la résistance d’un acier à la propagation des fissures. Cette résistance est exprimée en kg/mm².

Conversion approximative

Résistance à la rupture

Les fissures se propagent quand le facteur d’intensité de contrainte appliquée atteint une valeur critique pour l’acier. Une boule d’une dureté de 35 HRC a donc besoin d’une charge de 110 kg/mm² pour provoquer la rupture.

TT, T, 1/2T ou D

Suivant les différentes marques de boules de pétanque, il existe plusieurs échelles de duretés : super tendre, très tendre, dureté+, tendre, demi tendre, demi dure, dure, très dure…

Derrière ces appellations se cache une gamme de dureté comprise donc entre minimum 110 kg/mm² (tendre) et généralement 140 kg/mm² (dure) à part quelques exceptions pour cette dernière donnée.

Nous avons dégagé sur Boulipédia quatre catégories de dureté afin de faciliter les recherches :

Propriétés des différentes duretés

Une boule plus dure se marque moins aux chocs mais rebondit plus sur le sol ou en frappant une autre boule. Par contre, une boule dite tendre rebondit beaucoup moins, et est donc plus indiquée pour faire des carreaux (moins de recul) ou rester près de l’impact après un tir au fer, mais elle se marque plus aux chocs. La boule tendre étant nettement plus avantageuse dans le jeu, c’est celle qui se vends le plus sur le marché même si sa durée de vie est la plus courte. Une boule demi-tendre (à mi-chemin entre tendre et dure) sera celle qui conviendra le mieux pour tout faire.

C’est donc le poste du joueur (pointeur, milieu ou tireur) et/ou le terrain (dur, souple, sableux, caillouteux, etc.) qui vont déterminer en priorité la dureté de la boule à choisir puis les préférences de jeu mais aussi le budget.

Note : Ces conseils sont donnés à titre indicatif et ne peuvent en aucun cas remplacer vos propres impressions suite à différentes prises en mains et essais vivement recommandé.

Une histoire de balourd et d’équilibrage

fabrication-boule

Un secret bien gardé

Très peu d’informations sur l’équilibrage et le balourd sont données par les principaux acteurs du secteur.

C’est pourquoi vous ne trouverez aucune indication concernant ces critères dans les fiches caractéristiques sur Boulipédia.

Voici tout de même quelques informations sur ces deux notions fondamentales.

Le balourd

Concrètement, une boule de pétanque est composée de 2 coquilles (2 demi-sphères) assemblées et soudées. L’éventuel déséquilibre qui en résulte est appelé balourd. L’équilibrage est alors l’action qui consiste à corriger ce dernier.

Pour cela, la boule est plongée dans un bain de mercure dans lequel elle flotte comme un ludion, la partie la plus lourde (le balourd) basculant vers le bas. Le sommet de la boule est marqué afin d’usiner la partie opposée. Le balourd est alors éliminé par passes successives.

L’équilibrage

Un bon équilibrage est un critère essentiel de qualité. C’est la garantie d’une trajectoire rectiligne sur terrain roulant. Il est donc particulièrement important pour les pointeurs ne portant que très peu leurs boules.

Afin de répondre favorablement au cahier des charges déterminé par la FIPJP et d’obtenir un label d’homologation de boules de compétition, le balourd ne doit pas dépasser 1,3% de la masse de la boule.

Le fabricants ne communiquent que très peu sur ces données sauf lorsqu’ils peuvent annoncer de bons résultats… Dans le haut de gamme, certaines boules de pétanque peuvent atteindre un balourd compris entre 0,5 et 0,3%.

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